Le gaspillage alimentaire: une charge dont l’environnement se passerait bien
En Suisse, les familles paysannes produisent des aliments pour la population avec ardeur. Elles labourent les sols et aménagent des cultures, dont elles prennent soin du semis à la récolte, et s’occupent sept jours sur sept de leurs animaux de rente. Ce faisant, elles s’efforcent de limiter les pertes du mieux qu’elles peuvent. En effet, toute marchandise invendable ou invendue est synonyme de revenus moindres.
Nocif pour l’environnement et le climat
Il n’empêche que la production d’aliments nécessite en soi de nombreuses ressources. La nourriture qui finit à la poubelle plutôt que dans notre estomac représente donc une charge inutile pour l’environnement. De fait, il en résulte des émissions de CO₂ qui auraient pu être évitées, ainsi qu’une utilisation vaine de la terre et de l’eau. Le gaspillage alimentaire a aussi des conséquences économiques : les aliments jetés engendrent des coûts élevés le long de la chaîne de production et de création de valeur.
Plus un aliment est perdu tard dans la chaîne alimentaire, plus son impact environnemental est important. En effet, sa transformation, son transport, son stockage, son emballage et sa préparation ont déjà nécessité des ressources.
Impact environnemental dû aux pertes alimentaires évitables en Suisse
À chaque étape de la filière alimentaire surviennent des pertes, qui portent des atteintes supplémentaires à l’environnement.

Du champ à l’assiette
Près du tiers de tous les aliments produits en Suisse est perdu ou gaspillé entre le champ et l’assiette. Par année, cette quantité équivaut à 2,8 millions de tonnes de pertes alimentaires évitables en Suisse et à l’étranger, soit près de 310 kg par personne.
Selon les données actualisées de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), environ 590 000 tonnes de pertes alimentaires évitables liées à la consommation suisse se produisent au stade de la production agricole. Une partie importante de ces denrées est toutefois valorisée comme alimentation animale: 26% des pertes enregistrées à ce stade sont utilisées pour nourrir des animaux.
Pourquoi des aliments sont-ils perdus?
Les pertes au niveau de l’agriculture s’expliquent notamment par les deux raisons principales suivantes:
- La marchandise est invendue en raison de différences plus ou moins importantes par rapport aux normes du commerce, par exemple une carotte présentant une courbure trop marquée, un concombre trop long, une pomme tachetée ou une pomme de terre galeuse ;
- L’offre est trop importante pour la demande actuelle. Cette seconde raison concerne surtout les aliments frais rapidement périssables, comme la salade, dont la croissance et la consommation dépendent en plus beaucoup de la météo.
Une partie des aliments et sous-produits qui ne sont plus destinés à la consommation humaine est valorisée comme alimentation animale. D’autres pertes peuvent être utilisées pour produire de l’énergie dans des installations de biogaz ou être compostées. Les résidus organiques peuvent ainsi retourner dans le cycle des matières plutôt que d’être simplement éliminés.

Produit et récolté avec soin
Les familles paysannes s’efforcent d’éviter les pertes du mieux qu’elles peuvent. Leur travail commence par une planification des cultures et par des semailles ou des plantations par étapes. Les cultures sont ensuite entretenues avec le plus grand soin pendant toute la phase de croissance et de maturation. Pour assurer la qualité de la récolte en vue de la vente, certaines cultures ont besoin de protection contre les intempéries, comme la grêle ou la pluie, ou contre les maladies et les adventices envahissantes. Il est aussi important de stocker les produits de manière appropriée. De nos jours, les techniques dernier cri permettent de pallier presque toute perte pendant la récolte. Les techniques de récolte et de stockage permettent également de limiter les pertes tout au long du processus.

Valorisation maximale
Une partie importante de la récolte part dans le commerce, avant de finir sur les étals des détaillants. Dans ce canal s’appliquent les normes citées ci-dessus. Cependant, de nombreuses exploitations agricoles écoulent aussi une partie de leur récolte sans intermédiaire, que ce soit dans les magasins de ferme ou au marché hebdomadaire, et quelques familles paysannes utilisent les matières premières qu’elles produisent pour faire du sirop, des confitures, etc. Ainsi, même les carottes courbées et les pommes tachetées trouvent preneur, que les produits soient frais ou transformés. La vente directe permet donc de réduire le gaspillage alimentaire dans le secteur agricole.
Pour savoir chez quelle famille paysanne de votre région vous pouvez aller faire vos courses, rendez-vous sur a-la-ferme.ch.
« Save Food. Fight Waste»: les agents «Food-ninjas» ne jettent rien!
L’initiative «Save Food, Fight Waste», menée par la Fondation Pusch, sensibilise toujours la population suisse à la réduction du gaspillage alimentaire. Les «Food Ninjas» proposent notamment des conseils et des astuces pour mieux conserver, utiliser et valoriser les aliments au quotidien.
Cette démarche s’inscrit dans un objectif plus large: le Conseil fédéral souhaite réduire de moitié les pertes alimentaires évitables d’ici à 2030 par rapport à 2017. Un premier bilan publié en 2026 montre qu’entre 2017 et 2024, les pertes alimentaires ont diminué d’environ 5%. Les progrès restent donc insuffisants pour atteindre l’objectif fixé et la deuxième phase du plan d’action prévoit de nouvelles mesures.
Pour des conseils, des astuces et de plus amples informations en lien avec le gaspillage alimentaire, rendez-vous sur savefood.ch!

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