Les fourrages

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Les fourrages

Herbe, foin, céréales ou ensilage: les fourrages sont indispensables à l’alimentation des animaux de rente. En Suisse, les prairies et les pâturages occupent une place importante dans l’agriculture. Découvrez comment les exploitations nourrissent leurs animaux, quels fourrages elles produisent et pourquoi certaines matières premières sont importées.

Voici ce que mangent nos animaux de rente

De par ses montagnes et ses collines, de même que par son climat plutôt humide dans la plupart des régions, la Suisse a tout d’un pays d’herbages. Plus de deux tiers des surfaces agricoles ne se prêtent pas aux grandes cultures. Les nombreux prés et pâturages fournissent une ressource alimentaire essentielle pour nourrir les vaches, les chèvres et les moutons. Ces animaux transforment l’herbe, que nous ne pouvons pas digérer, en aliments comme le lait, le fromage et la viande. Nous pouvons donc mettre ces surfaces à profit pour notre propre alimentation.

Une alimentation produite à près de 83% en Suisse

Le fourrage grossier, comme l’herbe, le foin ou l’ensilage, constitue la base de l’alimentation de nombreux animaux de rente. En 2024, 82,9% des aliments disponibles pour les animaux de rente provenaient de la production suisse, selon Agristat. Au total, cela représente 7,87 millions de tonnes d’aliments, exprimées en matière sèche, dont 76,4% de fourrages de base.

Provenance des aliments fourragers (Agristat, 2026)

La Suisse produit la quasi-totalité de ses fourrages grossiers. En revanche, elle dépend davantage des importations pour les aliments concentrés, notamment les céréales et les tourteaux de soja. Ce sont en premier lieu les volailles et les porcs, qui digèrent moins bien les fourrages riches en fibres, qui consomment ces aliments. Les vaches laitières peuvent également recevoir des aliments concentrés pour compléter leur ration et répondre à leurs besoins nutritionnels.

La composition de l’alimentation varie ainsi selon les espèces animales, les systèmes d’élevage et les ressources disponibles sur les exploitations.

Des importations pour compléter la production suisse

La Suisse ne produit pas toutes les céréales fourragères et les protéines végétales nécessaires à l’alimentation de ses animaux. Les coûts de production, les surfaces disponibles et les conditions de culture influencent la production indigène. Les importations permettent donc de compléter les ressources disponibles.

Les tourteaux de soja, obtenus après l’extraction de l’huile, constituent notamment une source importante de protéines pour les animaux. Leur production peut toutefois avoir des conséquences environnementales et sociales, en particulier lorsqu’elle contribue à la déforestation.

Pour répondre à ces enjeux, le secteur a créé le Réseau suisse pour le soja. Celui-ci encourage un approvisionnement issu de filières responsables et sans organismes génétiquement modifiés (OGM). En 2024, 97,8% du soja fourrager importé répondait aux critères de production responsable du réseau. En 2025, près de 98% du soja fourrager importé en Suisse provenait d’Europe.

Le développement des cultures protéagineuses en Suisse constitue également une piste pour réduire la dépendance aux importations. Des plantes comme les pois protéagineux et les féveroles peuvent contribuer à diversifier les sources de protéines destinées aux animaux.

Éviter le gaspillage alimentaire

Chaque année, environ 365 000 tonnes de sous-produits issus de l’industrie agroalimentaire sont valorisées dans l’alimentation des animaux de rente suisses, selon les données publiées en 2024 par le Réseau suisse pour le soja.

Il s’agit notamment de sous-produits de la meunerie, de tourteaux de colza, de mélasse de betteraves sucrières, de petit-lait et d’autres résidus issus de la transformation alimentaire.

Ces matières, qui ne sont pas toujours destinées à l’alimentation humaine, peuvent servir à nourrir les animaux lorsqu’elles répondent aux exigences sanitaires et nutritionnelles. Leur valorisation permet d’utiliser plus efficacement les ressources agricoles et de limiter les déchets.

Tout est sous contrôle

En Suisse, les fourrages dont se nourrissent les animaux de rente doivent respecter des exigences légales concernant leur composition, leur sécurité et leur commercialisation.

Les aliments pour animaux font l’objet de contrôles officiels destinés notamment à vérifier leur conformité et à prévenir les risques pour la santé animale et la sécurité alimentaire.

La Suisse interdit l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés dans les aliments pour animaux, sauf autorisation spécifique. L’utilisation de farines animales est également strictement réglementée, avec des restrictions qui dépendent notamment des espèces animales concernées.

Dans notre pays, les hormones utilisées comme stimulateurs de croissance sont interdites. L’utilisation d’antibiotiques comme facteurs de croissance est également interdite depuis 1999.

Agroscope assure le contrôle officiel des aliments pour animaux dans le cadre des compétences fédérales.

La situation dans le monde

Dans le monde, les prairies et les pâturages représentent une grande partie des terres agricoles. Ces surfaces ne conviennent pas toutes à la culture de céréales, de légumes ou d’autres aliments destinés directement à l’être humain.

En revanche, les vaches, les chèvres, les moutons et les autres ruminants peuvent digérer l’herbe et d’autres végétaux riches en fibres. Ils les transforment en aliments comme le lait et la viande, mais aussi en produits tels que la laine et le cuir.

L’économie pastorale permet ainsi de valoriser des surfaces où les cultures alimentaires sont difficiles, voire impossibles. Elle contribue également à l’entretien de nombreux paysages agricoles.

Production suisse et importations de viande

En Suisse, la production indigène ne couvre pas l’ensemble de la consommation de viande. La situation varie toutefois fortement selon les espèces animales.

La Suisse produit une grande partie de la viande de porc et de veau consommée sur son territoire. En revanche, elle dépend davantage des importations pour la volaille et la viande ovine.

Une diminution de la production suisse, sans changement de la consommation, pourrait donc accroître le recours aux importations. L’impact environnemental dépend néanmoins des méthodes de production, de l’alimentation des animaux et des conditions d’élevage.

Les fourrages indigènes

Herbe

En été, les animaux qui pâturent se nourrissent principalement d’herbe fraîche. Cependant, toutes les herbes ne se valent pas. Leur qualité dépend du stade de pousse, de la saison, de la composition des prairies, de l’humidité et de l’altitude.

Céréales fourragères

Ce terme englobe l’orge, l’avoine, le triticale et le blé fourrager. Ces céréales apportent principalement de l’énergie aux animaux, notamment aux porcs et aux volailles. Elles peuvent également compléter l’alimentation des bovins.

Foin

Le foin n’est rien d’autre que de l’herbe séchée. La plupart des exploitations d’élevage disposant de prairies produisent leur propre foin. Seule une partie est commercialisée. Le foin se conserve soit en vrac, soit en balles. Il doit rester sec pour éviter le développement de moisissures et préserver sa qualité.

Maïs

Au sens large, le maïs est aussi une céréale fourragère. Il constitue une source importante d’énergie dans l’alimentation animale.

La plante entière peut être récoltée avant la maturité complète des grains, puis conservée sous forme d’ensilage. Lorsque les grains arrivent à maturité, ils peuvent être récoltés et utilisés dans les aliments pour animaux.

Ensilage

L’ensilage est une méthode de conservation des fourrages par fermentation. Pour ce faire, l’herbe est généralement préfanée, puis entreposée à l’abri de l’air, dans un silo ou sous forme de balles enveloppées d’un film plastique.

Des bactéries produisent de l’acide lactique, ce qui permet de conserver le fourrage pendant plusieurs mois. Cette technique s’utilise notamment pour l’herbe et le maïs.

Autres fourrages

La Suisse produit des betteraves fourragères et des pois protéagineux, mais également d’autres cultures destinées à l’alimentation animale, comme les féveroles et le colza.

Le soja cultivé en Suisse est principalement destiné à l’alimentation humaine. Les tourteaux de soja utilisés dans l’alimentation animale proviennent en grande partie des importations.

Foin issu de prairies de biodiversité

Certaines prairies font partie des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB). Leur exploitation suit des règles particulières, notamment concernant les dates de fauche et la fertilisation.

Une fauche plus tardive permet à davantage de plantes de fleurir et favorise la biodiversité. Le foin récolté est généralement plus riche en fibres et moins énergétique que celui issu de prairies intensives. Il peut notamment convenir à certaines catégories d’animaux ayant des besoins nutritifs plus faibles.

Contrôle

La qualité des aliments pour animaux joue un rôle important dans la santé des animaux et la sécurité des denrées alimentaires. Certains contaminants présents dans les fourrages peuvent en effet se retrouver dans les produits d’origine animale.

Aussi le commerce et l’importation de fourrages étrangers sont-ils soumis à des exigences légales et à des contrôles officiels.

En Suisse, Agroscope assure le contrôle officiel des aliments pour animaux sur mandat de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG). Il inspecte les entreprises concernées, vérifie les déclarations et fait analyser des échantillons pour contrôler leur conformité.

Production de lait et de viande basée sur les herbages

La Suisse soutient la production de lait et de viande basée sur les herbages (PLVH) au moyen de contributions spécifiques aux paiements directs. Ce programme encourage une alimentation des bovins principalement fondée sur l’herbe, le foin et l’ensilage.

Pour bénéficier de cette contribution, les exploitations doivent respecter plusieurs exigences concernant la composition des rations alimentaires. Au moins 90% de la matière sèche de la ration annuelle des animaux concernés doit provenir de fourrages de base.

La proportion de fourrages issus des prairies et des pâturages doit également atteindre au moins 75% en plaine et 85% en montagne.

Selon le Rapport agricole 2025, 27 993 exploitations ont participé à ce programme en 2024, représentant près de 559 000 hectares de surfaces herbagères.

Sources et informations complémentaires: