L’élevage

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L’élevage

L’élevage d’animaux de rente est un élément important de l’agriculture suisse. Près de 70% de la surface agricole du pays est constituée d’herbages. On les trouve notamment sur les hauteurs de l’Arc jurassien, dans les Préalpes et les Alpes. Sur une grande partie de ces surfaces, la culture de denrées directement destinées à l’alimentation humaine est difficile. Nous pouvons valoriser ces terres grâce aux animaux qui se nourrissent de fourrage grossier, comme les vaches, les moutons et les chèvres. En Suisse, la législation encadre leurs conditions de détention. Elle vise à protéger leur bien-être et leur dignité.

Pour le bien-être des animaux

La loi suisse interdit d’infliger de manière injustifiée des douleurs, des maux ou des dommages aux animaux. La Suisse interdit la coupe de la queue des porcs et celle du bec des volailles. Un épointage limité du bec reste toutefois possible sous certaines conditions. La castration des porcelets et l’écornage des veaux nécessitent une anesthésie et une prise en charge appropriée de la douleur. Ces interventions doivent être réalisées par des personnes compétentes. L’élevage en batterie des poules pondeuses est interdit dans notre pays depuis plus de 30 ans! Notre loi sur la protection des animaux prescrit l’espace minimal dont les animaux doivent disposer dans l’étable, les conditions de détention et les règles applicables à leur transport.

Comment nous élevons nos vaches

Comment nous élevons nos volailles

Comment nous élevons nos porcs

L’élevage des animaux a du sens

Nous avons besoin d’animaux pour exploiter nos vastes herbages. Ils contribuent également à l’entretien du paysage et des espaces ruraux. Les animaux de rente produisent par ailleurs du fumier et du lisier. Utilisés de manière adaptée, ces engrais favorisent la fertilité du sol. Les produits d’origine animale sont des denrées alimentaires de qualité. Consommer les animaux «du museau à la queue» signifie valoriser tous les morceaux, et pas uniquement les filets et les steaks. Cette pratique concerne aussi les morceaux moins recherchés, comme les pieds de porc ou les tripes. Elle permet de mieux utiliser les ressources mobilisées pour l’élevage.

Quelle part de notre viande est produite en Suisse?

La part de viande issue de la production suisse varie selon les espèces animales. En 2025, elle dépasse 90% pour le veau et le porc, contre environ 77% pour le bœuf et 62% pour la volaille.

Graphique montrant l’évolution de la part de viande produite en Suisse entre 2021 et 2025, selon les espèces animales.
Évolution de la part de viande suisse dans l’offre totale par espèce animale de 2021 à 2025 (Proviande, 2026)

Comparaison avec l’étranger

La Suisse dispose d’une législation détaillée en matière de protection des animaux, avec des exigences qui diffèrent parfois de celles appliquées dans l’Union européenne. Nous avons réglementé de nombreux domaines en Suisse. Cela commence par les exigences en matière de formation pour les personnes qui détiennent des animaux et s’étend aux prescriptions réglementant l’espace disponible, la litière, les sorties, le bruit, la lumière, l’alimentation, en passant par l’exécution et le contrôle, pour finir par la durée maximale de transport.

Une production mondiale de viande en hausse

L’évolution de la richesse au niveau international se traduit notamment par une augmentation de la consommation de viande. La production mondiale de viande a fortement augmenté au cours des dernières décennies. Cette évolution s’explique notamment par la croissance démographique et les changements d’habitudes alimentaires. La Chine et plusieurs pays d’Amérique du Sud ont considérablement augmenté leur production. Les réglementations relatives à la protection des animaux et leur application varient d’un pays à l’autre. La sécurité alimentaire, la santé animale et les conditions d’abattage font également l’objet de prescriptions spécifiques selon les pays.

Un élevage encadré par des effectifs maximums

Les familles paysannes suisses prennent soin de leurs animaux de rente. Elles estiment important que leurs vaches, porcs ou volailles se portent bien, car la santé des animaux contribue aussi au bon fonctionnement économique des exploitations.

Pour les volailles et les porcs, les effectifs maximums font l’objet d’une réglementation légale. Les plafonds varient selon les catégories d’animaux. La réglementation prévoit également certaines dérogations. La réglementation limite le nombre de porcs à l’engrais à 1500 animaux par exploitation et celui des truies d’élevage à 250, sous réserve des dispositions particulières prévues par la réglementation.

En plus de la loi sur la protection des animaux, la Confédération soutient des élevages encore plus respectueux des animaux, notamment grâce aux programmes «Systèmes de stabulation particulièrement respectueux des animaux (SST)» et «Sorties régulières en plein air (SRPA)».

Le programme SST prévoit des conditions de détention particulièrement respectueuses des animaux. Pour les bovins, cela comprend notamment une stabulation libre avec des espaces de repos et d’activité adaptés, ainsi qu’un éclairage naturel suffisant.

Selon le Rapport agricole 2025 de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), 22 538 exploitations ont participé au programme SST en 2024 et 29 614 au programme SRPA, toutes catégories animales confondues. La Confédération soutient également les sorties au pâturage particulièrement fréquentes pour les bovins depuis 2023.

Le rôle des labels dans le bien-être animal

Les prescriptions légales constituent la base de l’élevage suisse. Mais certaines personnes souhaitent des exigences supplémentaires en matière de bien-être animal. Dans ce cas, elles peuvent choisir parmi de nombreux labels qui accordent encore plus d’importance au bien-être des animaux: Bio Suisse, Bœuf de pâturage, Naturabeef ou IP-Suisse, pour ne citer que quelques exemples.

Part des labels par catégorie d'animaux
Part des labels par catégorie d’animaux, 2006 – 2025 (Agristat, 2026)

Les choix de consommation peuvent contribuer à soutenir des modes d’élevage répondant à des exigences plus élevées. Car l’offre suit aussi la demande.

La part de viande vendue sous label varie selon les catégories d’animaux et les programmes. Les parts de marché doivent être appréciées à partir de données récentes et comparables. Il reste donc une marge de progression pour ces modes de production!

Toutefois, il est également clair que chaque type d’exigences supplémentaires posées à l’élevage ou au fourrage entraîne généralement des coûts plus élevés. Le bien-être maximal des animaux et les prix minimaux ne vont pas nécessairement de pair.

Sources et informations complémentaires: