Entre paysans et abeilles, une vieille (et belle) histoire

Entre paysans et abeilles, une vieille (et belle) histoire

La cohabitation entre agriculture et apiculture est bien trop souvent résumée à des nuées d’abeilles victimes des pesticides. En réalité, insectes et paysans vivent une forme de symbiose qui remonte à très loin… On vous explique.

L’apiculture fait partie de l’agriculture

L’abeille productrice de miel est domestiquée depuis… 4’000 ans. Le miel est la réserve de nourriture de la colonie pour l’hiver dont l’homme peut prendre une partie sans la priver. En Suisse, près de 75% du miel consommé est importé.

Aujourd’hui, la population d’abeilles connaît un déclin. Dans le même temps, la production de miel par ruche en Suisse n’a jamais été aussi bonne que ces dernières décennies. 2020 a même été une année record avec 30 kilos en moyenne par colonie! Le rapport 2018 d’Agroscope indique le développement du colza ou l’aménagement de bandes enherbées comme explication de ces bonnes récoltes. La météo peut aussi jouer un rôle, à l’image du printemps 2020 particulièrement précoce qui a pu s’avérer positif. Les progrès dans l’élevage des abeilles par des professionnels ainsi que l’amélioration de la formation donnée aux apiculteurs sont aussi des facteurs de succès.

De nombreuses causes au déclin des abeilles

La «mort des abeilles» est devenue un sujet émotionnel car exploité par certains pour faire de l’agriculture le bouc émissaire de tous les problèmes que rencontre la biodiversité. C’est oublier un peu vite que les paysans travaillent avec la nature et non pas contre elle. Qui voudrait détruire son outil de travail?

Chez les abeilles mellifères, le varroa est un acarien qui cause d’importants dégâts dans les colonies et constitue en Europe la première menace envers elles. Parallèlement, on recense d’autres causes qui ont un impact non seulement sur l’abeille mellifère, mais sur tous les pollinisateurs qui assurent également une grande partie de la pollinisation: par exemple le manque de nourriture et les effets du changement climatique ou de la pollution lumineuse. En outre, le traitement des plantes en agriculture, lorsqu’il n’est pas bien coordonné avec l’apiculture, peut être un facteur générant des effets secondaires affaiblissant les pollinisateurs.

L’agriculture agit, depuis des années

Depuis plusieurs années, les familles paysannes ont agi pour la sauvegarde des abeilles, parfois même en collaboration étroite avec les apiculteurs. L’accent est mis sur l’élimination progressive des produits de protection des plantes les plus néfastes (cadre légal strict, initiatives des agriculteurs qui évitent par exemple la pulvérisation sur les fleurs, formation continue). L’enjeu est aussi d’accroître les ressources en nourriture via notamment le développement de surfaces de promotion de la biodiversité (prairies, jachères florales). Elles ne reçoivent aucun traitement et sont fauchées plus tardivement, voire pas du tout, ce qui permet aux plantes de fleurir et de demeurer disponibles pour les abeilles. Enfin, une attention particulière est également portée à la diminution de la mortalité des insectes lors de la fauche des prairies.

Pour une symbiose durable au sein de l’agriculture suisse

Les agriculteurs, les apiculteurs et les abeilles vivent une symbiose étonnante: chacun amène aux autres ce dont il a besoin. Les abeilles butinent et assurent la pollinisation des plantes cultivées, produisent du miel qui permet de régaler le public tout en valorisant la passion des apiculteurs et les produits du terroir; l’apiculture, l’agriculture et les abeilles ont tout pour continuer à vivre ensemble et à travailler main dans la main, pour une agriculture suisse durable.

(Infographie: Stéphanie Wauters / Source: Agriculture Durable)

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